L’autisme

Qu’est-ce que l’autisme ?

L’autisme, autrefois défini comme étant un trouble envahissant du développement de l’enfant (TED), se reconnait désormais sous l’appellation de trouble du spectre autistique (TSA).

Se développant généralement au cours des trois premières années de vie, l’autisme se caractérise par des altérations profondes, aigües, de certaines fonctions cognitives, affectant les capacités de la communication et de l’interaction sociale. Les activités et intérêts de l’autiste sont notamment restreints, répétitifs et les comportements stéréotypés.

Devant la diversité et la gravité des affections en présence, la pathologie déploie un large spectre de symptômes, qui ne sont autres que l’expression de perturbations physiologiques et psychologiques de l’autiste. Ces difficultés, altérations se présentent dans la « triade autistique ».

 La triade autistique

L’autiste présente des troubles dans trois domaines…

  • Les troubles de interaction sociale

Image3L’autiste éprouve des difficultés allant de la maladresse à l’incapacité à échanger avec les autres.

Certains autistes réagissent à peine au contact, parfois même le rejetant. Ils sont distants, en retrait, passifs, paraissant indifférents aux autres. Ils ont un contact essentiellement instrumental; ils peuvent par exemple prendre la main d’une personne comme s’il s’agissait d’un instrument leur permettant d’accaparer un objet particulier. Ils sont souvent absorbés par leurs propres préoccupations stéréotypées. Ils prennent rarement l’initiative du contact.

D’autres peuvent manifester des déficiences de l’interaction sociale moins profondes, plus subtiles comme la naïveté sociale. Par leur capacité intellectuelle élevée, ils s’acquièrent d’un éventail de stratégies de compensation dans le but de paraître le plus « normal » possible, de survivre de la meilleure des façons. Ils apprennent les règles sociales par cœur, s’appuient sur des scénarios acquis ou appris. Mais dès lors que la situation et le comportement associé s’écartent des schèmes habituels, l’autiste éprouve des difficultés d’adaptation. Ils semblent manquer de finesse sociale, de savoir-faire relationnel, d’empathie. Ils paraissent insensibles à l’intention et le sentiment d’autrui.

  • Les troubles de la communication

Image2En matière de communication, les difficultés se manifestent également de façon très diverses :

Certains autistes peuvent présenter de graves difficultés, un retard ou une absence de langage. Inversement, d’autres présenteront un vocabulaire impressionnant. Mais la difficulté commune à tout autiste réside dans la capacité à utiliser une expression orale appropriée lors d’un échange social en vue de communiquer. Nombre de particularités et problèmes de langage se présentent comme l’écholalie.

Le trouble de la communication peut également résider dans la compréhension et le sens des mots : ils éprouvent des difficultés à comprendre les mots changeant de sens selon le contexte : par exemple, l’enfant autiste peut fréquemment inverser le « je » et le « tu » se désignant eux même « tu » et la personne en face sera « je ».Image1

Enfin, les autistes ne possèdent pas la faculté de comprendre et d’user du langage dans un contexte social. Ainsi est-il possible qu’ils aient des difficultés à attendre leur tour lors d’une conversation, ou que la réciprocité dans la communication soit défaillante, à sens unique : l’autiste ne répondant pas toujours à une question posée.

  •  Les comportements stéréotypés, répétitifs et les intérêts limités

L’autiste peut adopter des gestes ou mouvements répétitifs appelés stéréotypies comme se balancer, battre des mains, des bras ou tourner en rond, marcher sur la pointe des pieds.
Il peut également adopter des comportements rituels comme prendre et reposer son verre d’eau plusieurs fois de suite avant de le boire.

Les autistes résistent au changement imprévisible et soudain s’attachant de manière compulsive à certaines habitudes : les activités quotidiennes doivent se dérouler dans un ordre précis, à un moment fixe, ou à un endroit spécifique ; leurs affaires personnelles doivent être ordonnées, chaque objet doit être à sa place. Tout changement aussi infime soit-il, dans ces domaines peut être source d’angoisse et de confusion provoquant invariablement des crises de panique, de colère, des comportements auto-agressifs.

Les autistes éprouvent également des difficultés lors des transitions comme par exemple les changements de saisons, de température.Image5

Ils peuvent s’attacher ou être fascinés par des objets inhabituels comme les bouts de ficelles, des morceaux de papier. Les rapports aux objets sont stéréotypés au cours de l’enfance et laissent place à des intérêts limités lorsque l’enfant grandit. Ceux-ci se focalisent sur des détails ou des thèmes étranges se démarquant des intérêts habituels des enfants du même âge.

D’autres troubles complémentaires…

Image4Les autistes peuvent réagir de manière inhabituelle, aux stimulations sensorielles : ils peuvent être insensible à la douleur ou faire preuve d’une hypersensibilité à certains bruits. Ils peuvent présenter une fascination pour la lumière vive, les objets en mouvements.

La motricité peut être déviante, rigide et maladroite ; des angoisses extrêmes et illogiques, des troubles non spécifiques comme les troubles alimentaires, les troubles du sommeil, les crises de colère, l’automutilation peuvent être manifestes.

N’étant pas ancrés dans les caractéristiques essentielles de l’autisme, ces troubles demeurent tout de même, relativement fréquents.

Enfin, l’autisme est fréquemment associé à d’autres troubles comme le retard mental, l’hyperactivité, les déficits sensoriels, le syndrome X fragile ou encore l’épilepsie.

 Des faiblesses… mais aussi des points forts !

L’autisme n’est pas seulement un spectre d’altérations. Des déficiences peuvent être présentes dans bien des domaines mais bon nombre d’autistes sont dotés d’une intelligence supérieure à la normale. Leur mémoire peut être excellente en matière de faits et de données.

Ils peuvent posséder des compétences exceptionnelles dans des domaines particuliers : par exemple, certains autistes sont fascinés par les chiffres et ont l’incroyable capacité mentale d’effectuer des calculs extrêmement complexes, rapidement, sans même poser l’opération sur papier. D’autres présenteront des pics d’habileté dans certains domaines tels la musique, la lecture précoce, la mémorisation des données ou encore le dessin. Les autistes ont aussi d’excellentes compétences visio-spatiales, se repérant facilement sur une carte et ont une facilité à manier le matériel technique. Ils ont le sens de la perfection.

 A la vue de nombreuses littératures, l’autisme ne semblerait pas être une maladie contemporaine ; mais ce n’est qu’au début du XXème que l’intérêt se porta véritablement sur celle-ci.

Une maladie qui depuis, ne cesse de croître… 

Dans les années 1960, 5 enfants sur 10 000 étaient atteints d’autisme. En 1980, 27 enfants sur 10 000. De nos jours, 60 enfants sur 10 000 présenteraient un trouble du spectre autistique.

En France, 1 enfant sur 100 soit approximativement 600 000 enfants en serait ainsi concernés.

L’autisme affecterait notamment une fille pour quatre garçons.

 

Devant une telle incidence de la maladie, le monde scientifique s’interroge ; l’autisme est au centre de nombreuses recherches. La cause exacte demeure inconnue ; les mécanismes encore incompris ; la prise en charge inadéquate. Cependant, différentes hypothèses et études scientifiques ont été émises, convergeant vers la cause multifactorielle : plusieurs facteurs prédisposants et favorisants sembleraient ainsi être impliqués dans les déséquilibres physiologiques à l’origine de l’autisme. 

Extrait du mémoire « Contribution de la Naturopathie dans la compréhension et la prise en charge de l’Autisme » Hélène Dodanthun

Source : Cim-10 de l’Organisation Mondiale de la Santé (1993 – 2015) – le DSM 5 de l’Association Américaine des Psychiatres APP (2013).