Les causes

A la recherche des causes amenant aux déséquilibres physiologiques de l’autiste…

Au fil des recherches et littératures scientifiques, de nombreux facteurs environnementaux furent étudiés et potentiellement impliqués dans l’autisme. Ceux-ci, se rajoutent à la prédisposition des gènes de l’autisme ainsi qu’à la corrélation antigénique du complexe majeur d’histocompatibilité HLA.

 Parmi eux…

Le mercure

Appelé médiatiquement métal lourd, le mercure est un élément trace métallique.

Il se présente naturellement dans la croûte terrestre, essentiellement dans les régions volcaniques mais il est également issu de l’activité humaine. L’érosion de la croûte, les éruptions volcaniques et geysers ajoutées à certaines émissions artificielles (raffinage du pétrole, l’incinération des déchets contenant du mercure, le rejet des cabinets dentaires…) sont à l’origine de l’émission de mercure élémentaire gazeux dans l’atmosphère. Ce mercure, lors des précipitations, s’oxyde et se dépose au sein des écosystèmes terrestres tels que les sols, les végétations, les océans… Puis, s’infiltre dans les tissus des organismes vivants.

  • Le mercure dans l’alimentation

Par sa propriété liposoluble, le mercure s’accumule dans les tissus des organismes vivants et se concentre le long des différents maillons de la chaîne alimentaire. Par le phénomène de la bioamplification, les concentrations en méthyl-mercure augmentent chez les espèces de grandes tailles et les prédateurs. Parmi eux, les animaux marins comme les thons, les espadons, les requins, les crustacés, les huîtres et les moules constituent les principales sources alimentaires en mercure.

Il se présente également dans d’autres aliments comme les rognons et foies d’animaux, les légumes feuillus et racines ainsi que les produits céréaliers non issus d’agriculture biologique et exposés aux émissions.

  • Le mercure dans les amalgames dentaires

Appelé couramment « plombage », l’amalgame est un alliage métallique utilisé en dentisterie et se composant de limaille auquel est allié le mercure liquide. En moyenne, chaque amalgame contient approximativement 1 gramme de mercure.

Par sa présence importante, l’amalgame est une source de toxicité de l’organisme humain : Les vapeurs de mercure peuvent être relarguées, sous forme élémentaire, lors de la mise en place ou lors de la dépose de l’amalgame.  Ils sont également diffusés en permanence tout au long de leur présence en cavité buccale: en effet, la mastication des aliments, le brossage dentaire, le grincement des dents et les soins opérés par le dentiste tels les détartrages, le blanchissement au peroxyde, peuvent provoquer l’usure de l’amalgame. De même, l’acidité salivaire, la consommation d’aliments acides, la flore buccale déséquilibrée et la coexistence en bouche de plusieurs alliages métalliques différents à l’origine de phénomènes d’électro galvanisme, favorisent la corrosion de celui-ci.

Le mercure libéré peut être oxydé et solubilisé dans la salive passant ensuite le tractus digestif où il sera absorbé au niveau intestinal. Une faible concentration de cation mercurique peut  également être méthylé par certaines bactéries de la plaque dentaire.

  • Le thiomersal® des vaccins

Egalement dénommé thimerosal®, le thiomersal® est un composé organo-mercuriel.  Utilisé comme antibactérien et fongicide, ce biocide est également un agent de conservation de certains médicaments comme les préparations d’immunoglobulines, les produits de soins ophtalmiques ou nasaux, les tests antigènes de diagnostics d’allergies, les encres de tatouages.

Il fut également le conservateur privilégié des vaccins…

A partir des années 1930, il fut présent dans nombre d’entre eux, et notamment dans ceux dit « à doses multiples » : en France,  il s’agissait du vaccin contre la diphtérie-tétanos-coqueluche, DTcoq, les vaccins contre l’hépatite B et l’haemophilus influenzae B Hib, le vaccin contre la grippe et le méningocoque.

Dans les années 1990, le recours au thimerosal® fut accru de manière exponentielle. Les campagnes de vaccination émergèrent et les injections précoces se multiplièrent exposant les nouveaux nés à d’importantes doses de mercure.

Or, au fil des années, nombres d’articles mirent en évidence les problèmes liés aux injections de vaccins contenant du thimerosal®; différentes études démontrèrent son action toxique sur l’organisme et le conservateur fut placé au centre de nombreuses polémiques. Son rôle dans la pathogénie de l’autisme fut notamment suspecté. En conséquence, les autorités sanitaires américaines et européennes se sont engagées à éviter le recours au thiomersal® dans les vaccins. Néanmoins, celui-ci demeure encore présent dans certains d’entre eux actuellement commercialisés. Il s’agit de certains vaccins contre l’hépatite B, des vaccins anti-grippaux, ainsi que les vaccins contre l’encéphalite japonaise et la leptospirose.

  • Le mercure dans l’organisme

Le mercure présente différentes voies de pénétration dans l’organisme…

Il peut aisément pénétrer par les voies respiratoires sous forme élémentaire. Le composé mercurique, présent dans l’alimentation ou issu de l’amalgame, emprunte la voie digestive. Le cation mercurique peut être méthylé par les bactéries commensales de la flore buccale et intestinale. Enfin, le thiomersal® est absorbé par différentes voies d’administration : intradermique, intramusculaire, intraveineuse, nasale, oculaire…

Ce mercure, sous ses différentes formes chimiques se retrouvant dans le milieu sanguin, sera transporté et répartit rapidement dans l’ensemble de l’organisme.

Le mercure et le méthyl-mercure, par leur liposolubilité, peuvent rapidement se localiser dans le système nerveux tant périphérique que central franchissant notamment la barrière hémato-encéphalique. Ceux- ci s’accumulent et sont à l’origine de perturbations neurologiques.

Le mercure peut également se fixer dans les organes riches en protéines soufrées tel le foie et les reins où il altèrera leur fonctionnement. Il peut également franchir la membrane plasmique des cellules entravant ainsi les processus biologiques des organites cytoplasmiques.

Enfin, le mercure élémentaire et le cation méthyl-mercurique, peuvent également traverser la barrière placentaire et être contenus dans le lait maternel se retrouvant ainsi dans l’organisme du fœtus puis du nouveau-né.  

  • Le mercure et l’autisme

De nombreuses recherches tendent à confirmer que l’intoxication au mercure serait une composante déclenchante de la pathogénie de l’autisme.

Sur le plan clinique, les manifestations de l’autisme semblent se superposer aux symptômes de l’intoxication au mercure. En effet, de nombreuses similitudes entre l’autisme et l’exposition prénatale ou infantile au métal furent répertoriés dans l’étude du Dr Sallie Bernard de 2001.

Sur le plan biologique, l’analyse des porphyrines urinaires révèle la présence anormale de mercure à des taux importants dans les organismes des autistes.

Les agents nosogènes viraux

Des entités biologiques du « non soi », étrangères à l’organisme, seraient potentiellement responsable du déclenchement de l’autisme. Parmi eux, le virus de la rougeole contenu dans le vaccin ROR et les virus neurotoxiques comme le Cytomégalovirus et l’Epstein Barr virus seraient hypothétiquement, impliqués dans la maladie.

  • Le virus de la rougeole contenu dans le vaccin du ROR

Selon l’étude Dr Andrew Wakefield, gastro entérologue anglais, il existerait un lien de cause à effet entre le virus de la rougeole et l’autisme. Selon ses observations, nombre d’enfants évoluèrent progressivement dans la pathologie suite à l’injection vaccinale.

Ses travaux furent notamment validés par une autre étude conduite par les Dr A. Krisgman et S. Walker en 2006. Au cours de celle-ci, le virus de la rougeole fut retrouvé dans l’organisme de ces enfants, et plus particulièrement dans le tissu intestinal. Ce virus peut être responsable de perturbation du système digestif impliqué dans la pathogénie de l’autisme.

  • Les Herpès virus : Cytomégalo-virus et Epstein Barr virus

Au sein de l’organisme d’enfants autistes, des analyses sanguines peuvent révéler la présence d’IgG spécifiquement dirigés vers le HCMV et l’EBV. Leur présence ne semble pas être le reflet de la capacité de défense du système immunitaire mais serait une éventuelle manifestation de ces derniers.  Lors d’une baisse des défenses immunitaires de l’organisme, ces virus entrent en phase d’activation: ils se répliquent au sein des cellules cibles spécifiques et sont à l’origine de virions. Ceux-ci peuvent engendrer une neuro-toxicité impliquée dans la pathogénie de l’autisme.

Le gluten des céréales

Le gluten est un mélange de protéines insolubles, les prolamines,  se combinant à l’amidon de nombreuses céréales. Ces prolamines sont présentes en concentration plus ou moins importante dans le blé, le froment, l’avoine, le seigle, l’épeautre, le kamut, l’orge.

  • La sensibilité au gluten

Au fil de l’évolution agricole, des sélections successives des épis, de l’hybridation à la modification du patrimoine génétique des graines, les structures protéiques des céréales se modifièrent. Face à l’émergence de ces nouvelles macromolécules, les enzymes digestives de l’homme ne seraient plus adaptées. La digestion, l’assimilation et la métabolisation ne peuvent être opérées correctement. Cette inadaptation favoriserait l’apparition d’une sensibilité au gluten.

L’intolérance au gluten, une perturbation d’ordre immunologique vis- à-vis de la gliadine résultant de la perméabilité intestinale, serait impliquée dans la physiopathologie de la maladie. Des anticorps spécifiques anti-gliadine furent retrouvés à des taux significativement élevés chez de nombreux autistes.

  • Les gluten-morphines

L’association pathogénique entre le gluten et l’autisme est née des travaux de l’épidémiologiste Dohan établissant en 1966, une forte corrélation entre l’incidence de la schizophrénie et la consommation de céréales. Il souleva l’hypothèse d’une surcharge de peptides dérivés du gluten qui serait impliquée dans la pathologie. En 1981, une étude similaire sur un groupe d’autistes fut portée par le professeur K.Reichelt. Des peptides dit « opioïdes », notamment dérivés du gluten, furent retrouvés dans l’urine de 70 à 80% des enfants autistes. Il s’agit des gluten-morphines. Le professeur japonais Yoshikawa démontra notamment qu’une molécule de gluten pouvait contenir 15 peptides opioïdes.

Les peptides opioïdes dérivés du gluten peuvent être perçus par l’analyse de peptidurie urinaire.

 La caséine du lait de vache

Au même titre que le gluten, la caséine, protéine du lait de vache, ne serait complètement digérée par les enzymes digestives favorisant ainsi l’intolérance à la caséine ainsi que la formation de peptides opioïdes, les casomorphines.

  • L’intolérance au lait de vache

L’intolérance à la caséine, une perturbation d’ordre immunologique spécifiquement dirigée contre ce peptide résultant de la perméabilité intestinale, serait à son tour impliquée dans la physiopathologie de la maladie. Des anticorps spécifiques anti-caséine furent retrouvés à des taux significativement élevés chez de nombreux autistes.

  • Les casomorphines

Des casomorphines furent également analysées dans l’urine des autistes. Les casomorphines sont au même titre que les gluten-morphines, des peptides opioïdes issus de la digestion incomplète de la caséine et plus particulièrement de la β caséine. Les casomorphines peuvent également être décelées par l’analyse des peptides urinaires.

Et bien d’autres causes encore

D’autres facteurs encore furent potentiellement impliqués dans la physiopathologie de l’autisme…

Les phosphates alimentaires s’immisçant au sein de notre alimentation : boissons gazeuses et sucrées, barres chocolatées, chewing-gum, levures chimiques pour gâteaux, riz incollable, plats préparées, lécithine de soja…

La prolifération pathogénique du micro-organisme Candida albicans résultant d’un déséquilibre de la flore intestinale dû à une alimentation riche en sucre, en gluten, à l’excès d’antibiotiques… Selon les recherches du DAN (Defeat Autism Now), de nombreux autistes présenteraient un taux anormalement élevé de la levure C.albicans.

De nouvelles pistes s’ouvrent également sur l’étiologie de l’autisme telle l’infection par la bactérie Borelia, responsable de la maladie de Lyme, ou encore par la prolifération excessive des Clostridium produisant un métabolite particulier, l’acide propionique responsable de perturbations neurologiques.

causes autisme

Hélène Dodanthun

Extrait du mémoire « Contribution de la naturopathie dans la compréhension et la prise en charge de l’autisme » Hélène Dodanthun.

Source : les travaux scientifiques des Pr. K. Reichelt, M. Montinarri, A. Picot, M. Rabache, L. Montagney, J. Seignalet, M. Yoshikawa, des Dr M. Grosman, A. Wakefield, A. Krisgman, S. Walker, S. Bernard, de l’Autism genome project AGP et du Defeat Autism Now DAN, du CNRS de France