Les déséquilibres physiologiques

De l’intestin au cerveau…

 Le système gastro-intestinal de l’autiste

Le système gastro intestinal régit un ensemble de transformations permettant d’extraire des aliments ingérés, les nutriments nécessaires à l’organisme ; il s’agit de la digestion. En empruntant le tractus digestif, ces aliments seront décomposés par les enzymes au sein de la cavité buccale, de l’antre de l’estomac et dans le duodénum ; ils seront ensuite absorbés et assimilés au travers de l’épithélium de l’intestin grêle.

Ce système coordonne également un ensemble de processus biologiques assurant la surveillance, la tolérance et la défense de l’organisme vis-à-vis des éléments pathogènes. Il s’agit de l’immunité. Celle-ci s’opère particulièrement au sein de la flore microbiotique ainsi que dans la paroi de l’intestin grêle.

Chez l’autiste, des déséquilibres physiologiques se posent au sein de la sphère gastro intestinale. Parmi eux, la perméabilité et l’inflammation intestinale, la genèse des peptides opioïdes concourent à la physiopathologie immunitaire et digestive de la maladie.

  • La perméabilité intestinale

La perméabilité intestinale est manifeste chez l’autiste. Ce « leaky gut » signifiant littéralement « l’intestin qui fuit » se caractérise par une absorption anormale de substances alimentaires et bactériennes au travers des cellules constitutives de l’épithélium simple intestinal, les entérocytes.

Cette permissivité du grêle résulte en premier lieu d’une perte de la fonction des jonctions serrées, protéines d’adhésion permettant d’unir les entérocytes les uns aux autres assurant ainsi la fonction de « barrière ». Ce désassemblage est induit sous l’action de la gliadine contenu dans le gluten des céréales mais également par un médiateur sécrété en présence d’une infection virale comme la réactivation du virus de la rougeole potentiellement présent au sein du tissu intestinal de l’autiste.

La muqueuse du grêle peut être altérée par l’intermédiaire de la modification tridimensionnelle et fonctionnelle de protéines protectrices et réparatrices de l’épithélium intestinal  sous l’action du méthyl-mercure. La dysbiose intestinale, la genèse de métabolites microbiens et le développement pathogène du Candida albicans contribuent également à diminuer l’étanchéité intestinale.

  • L’inflammation intestinale

L’autiste présente une inflammation intestinale. Ce mécanisme de défense immédiate et non spécifique peut être initié par les médiateurs pro-inflammatoires directement libérés lors de lésions cellulaires de l’épithélium intestinal. Ceux-ci peuvent être engendrés par le gluten, les antibiotiques, les bactéries pathogènes et métabolites microbiens…

Les séquences polypeptidiques spécifiques contenues dans le gluten et la caséine peuvent induire une réaction immunitaire à médiation humorale propre à l’intestin, induisant à leur tour l’inflammation.

En conséquence, l’inflammation intestinale de l’autiste peut engendrer sur le plan symptomatologique, des ballonnements, des douleurs abdominales, la constipation ou troubles du transit. Sur le plan physiologique, elle entretient le processus de perméabilité intestinale.

  • La genèse des peptides opioïdes

 L’autiste présente des peptides opioïdes, les gluten-morphines et les casomorphines résultant de la lyse incomplète respective du gluten et de la caséine. Celle-ci résulterait du dysfonctionnement enzymatique des peptidases.

D’autres hypothèses émergèrent en vue de comprendre la digestion inadéquate de l’autiste comme le dérèglement d’une hormone intestinale impliquée dans la médiation de la sécrétion d’enzymes digestives pancréatiques, la sécrétine.

En présence d’une hyperperméabilité intestinale, des peptides opioïdes, gluten morphine et casomorphine, ainsi que des métabolites microbiens issus de la dysbiose intestinale, peuvent franchir la paroi du grêle parvenant ainsi dans le sang. Ils gagneront ensuite le système nerveux central.

L’hyper-permissivité du grêle s’accompagnant du dérèglement de la microflore, induit parallèlement, une perte de la capacité d’absorption trans-cellulaire, des nutriments essentiels. Des carences nutritionnelles peuvent alors apparaitre, comme les vitamines, les acides aminés ou encore des minéraux. Ces carences, couplées à l’action d’ions mercuriques et des radicaux libres affecteraient notamment le cycle de méthylation et de détoxication de l’autiste. 

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Le système nerveux de l’autiste

Le système nerveux est un centre de régulation et de communication de l’organisme. En étroite collaboration avec le système endocrinien, il permet de maintenir l’homéostasie.

Chez l’autiste, des déséquilibres physiologiques se posent au sein du système nerveux central. Parmi eux, la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique et l’altération du fonctionnement du cortex préfrontal concourent à la physiopathologie neuro- endocrino- immuno -psychologique de la maladie.

  • La perméabilité de la barrière hémato encéphalique

La barrière hémato-encéphalique BHE, est une barrière physiologique entre la circulation sanguine et le système nerveux central (SNC). Elle permet de stabiliser le milieu encéphalique, maintenant ainsi l’homéostasie et assurant la protection envers les agents pathogènes, les toxines, les macromolécules alimentaires comme les exorphines et les hormones circulant dans le sang.

Chez l’autiste, la BHE est anormalement perméable et peut résulter de mutations génétiques des gènes spécifiques codant pour la synthèse des protéines d’adhésion des cellules endothéliales constitutives de la barrière. Ces variations génétiques résultent de l’action d’agents mutagènes comme les radicaux libres issus du stress oxydatif ou du mercure liposoluble.

  • L’altération du fonctionnement nerveux par le mercure

Le mercure sous forme élémentaire peut aisément franchir la barrière hémato encéphalique de par sa nature lipophile. S’accumulant dans les tissus cérébraux sous une forme oxydée, le mercure peut être à l’origine d’altérations comme la neuro-dégénérescence de cône de croissance des neurones.

  • L’inflammation du SNC

En présence de neurones endommagés, présentant des enchevêtrements suite notamment de la neuro-dégénérescence du cône de croissance par le mercure, des cellules immunitaires propres au SNC, les microglies, s’activent. Le processus inflammatoire se met en place et peut favoriser la perméabilité de la barrière hémato-encéphalique.

La présence de l’infection à l’Epstein Barr virus, au Cytomégalovirus peut contribuer à favoriser la chronicité du processus inflammatoire, à entretenir la perméabilité de la BHE et engendrer une neuro-toxicité.

La barrière hémato encéphalique serait anormalement perméable, laissant ainsi traverser les peptides opioïdes, les phosphates. Ils s’accumulent dans les tissus nerveux et seraient, en complémentarité de prédisposition génétique et de l’action de métaux lourds et des virus, à l’origine des désordres neuropsychologiques de l’enfant autiste. Ceux-ci se caractériseraient par l’altération du fonctionnement de «la trinité cérébrale ». L’intégration des perceptions, la régulation des émotions et le contrôle de l’action seraient inadéquats.

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  • Des défauts de la connectivité et l’hyperactivité neuronale

Des défauts de la connectivité s’ accompagnant d’excitabilité excessive de certains sous ensembles neuronaux sont manifestes chez l’autiste:
Ils résulteraient de la prédisposition de gènes codant pour la synthèse de protéines spécifiquement impliquées dans la transmission synaptique d’influx nerveux, de l’action du mercure ainsi que des virus CMV, EBV.
Les peptides opioïdes, substances opiacées psychotropes, tout comme les phosphates modulent la libération de neurotransmetteurs spécifiques dans les fentes synaptiques, perturbant ainsi la transmission adéquate des influx nerveux. En effet, des électro encéphalographies EEG, révélèrent une corrélation étroite entre l’activité électrique cérébrale et l’absorption d’aliments contenant du gluten et de la caséine. Les gluten-morphines et casomorphines ainsi que les phosphates,  seraient responsables d’un ensemble de déséquilibres affectant le comportement et la socialisation: l’indifférence sociale, les stéréotypies, l’agitation, l’hyperactivité, le déficit de l’attention, une perception sensorielle accrue, l’anxiété, l’épilepsie… peuvent être manifestes.

Extrait du mémoire « Contribution de la naturopathie dans la compréhension et la prise en charge de l’autisme » Hélène Dodanthun.

Source: les travaux scientifiques des Pr. M. Montinarri,  B. Haley, K. Reichelt, des Dr. W. Shaw,  W. Walsh, R. Nataf, de Segall et Wood, Persico et al, Panksepp, Hole et al, Sun et Cade, de l’Institut Mind Brain de Lausanne, la faculté de médecine de l’Université de Calgary.